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La mode des patchs, porteur d’une histoire drôle ou avec une signification plus lourde, a traversé les frontières des Etats-Unis pour conquérir le reste du monde. Nous avons invité l’entreprise Fieldpatch, l’une de nos marques européennes de patchs préférées (basée en Espagne) à prendre un verre pour qu’ils nous disent tout sur ce phénomène qui a réuni tant de joueurs.

Tu as presque une dizaine de gammes de patchs différentes, quelle a été la première et qu’est-ce qui t’a poussé à sauter le pas ?

Eh bien, en réalité, tout a commencé comme beaucoup d’aventures, un peu sans le vouloir. Au début, on avait acheté une machine à broder pour pouvoir ajouter des broderies au processus productif de Fieldcraft, et pour avoir une certaine liberté avec le thème du merchandising de la marque. L’un de ces patchs a retenu l’attention d’un inconnu aux Etats-Unis, Dan, qui a commencé à insister pour que je rejoigne un groupe appelé “Morale Patch Black Market”.

À cette époque, j’étais scotché devant la série Vikings, et j’ai eu l’idée de faire un polo avec le corbeau de Ragnar. Je l’ai publié dans le groupe en mode “regardez ce que j’ai fait sur une chemise, vous pensez que je devrais faire le patch aussi ?” sans forcément attendre des réponses. Et là, les gens ont commencé à écrire plein de commentaires “IN”. “IN” quoi ? XD. Dan m’a expliqué que c’était leur manière de dire qu’ils étaient vraiment intéressés par le patch.

Après le patch du corbeau, l’idée de faire tout une gamme de patchs en lien avec le thème des vikings a pris forme au lieu de n’en faire qu’un, et voilà comment est née la première gamme de patchs de Fieldpatch.

Les gens sont habitués à voir des patchs avec des drapeaux de pays, des logos d’unités… Mais qu’est-ce que les “morale patches” et ne sont-ils réservés qu’aux opérateurs ?

Oui, j’avais eu la même idée mais ensuite j’ai découvert que c’était quelque chose de bien plus profond. A part les patchs de drapeaux, d’unités, d’entreprises d’armement ou de matériel tactique, qui ont également leur place dans le monde du collectionnisme, il existe un autre univers qui est celui des séries.

Des marques très puissantes s’y sont intéressées, comme Modern Arms, probablement le fer de lance du secteur, et TiqueStar, AONO, The Nameless One, etc, qui commercialisent des patchs au design spécifique, généralement des séries limitées et qui deviennent des objets de convoitise en un rien de temps. Quant à la définition de “Morale Patch”, je suppose que c’est un peu comme pour le “MILSIM”, chacun a sa propre version. Personnellement, je dirais que c’est une émotion attrapée dans un morceau de tissu brodé.

Quels types de patchs sont les plus convoités ? Où devrait-on commencer à chercher ?

J’aime particulièrement les patchs avec une touche d’humour intelligente, les patchs militaires et les TBL, TRL et RED. De quoi s’agit-il ? Ce sont des patchs de démonstration de soutien à la Police, aux Pompiers et aux Militaires déployés. Même si ici, en Espagne, soutenir ces collectifs peut faire débat, aux Etats-Unis c’est très commun, ce qui me semble d’ailleurs génial, car c’est une manière de reconnaître le dur labeur des personnes qui risquent leur vie pour nous, et qu’on ne pourra jamais assez remercier.

RED est l’acronyme de Remember Everyone Deployed. Ces patchs sont souvent rouges, ou rouges et noirs. TBL et TRL font référence à Thin Blue/Red Line, la fine ligne qui sépare l’ordre du chaos, ou la ligne sur laquelle marche les policiers et les pompiers pendant leur service. Ces patchs sont souvent noirs et gris avec une ligne bleue ou rouge, respectivement pour la police et les pompiers.

C’est du pur collectionnisme ! Peut-on acheter des patchs comme si on achetait des actions et attendre qu’ils prennent de la valeur ?

Je suppose qu’il y a un peu des deux, une passion pour le collectionnisme et aussi un peu de “bourse des valeurs”. C’est comme pour tout, ce qui est rare et introuvable a plus de valeur, et dans le libre marché, c’est la loi de l’offre et de la demande qui commande. C’est étonnant de voir comment les marques importantes vendent 100 patchs d’une série limitée en une trentaine de secondes ! Et surtout de voir comment leur valeur se multiplie par 10 sur le marché secondaire en quelques jours. Cette pratique spéculative a aussi ses détracteurs, c’est logique. Dans le jargon, on parle de “flippers” (et bien sûr on a fait un patch en leur hommage XD). Le patch le plus cher que j’ai vu sur le marché secondaire coûtait 2000$, et son prix initial était de 15$. Cet exemple représente bien la revalorisation ! Certaines personnes achètent 2 patchs identiques dans le drop (lancement du produit) afin de les troquer dans le futur pour un autre objet d’une valeur économique identique.

On sait que tout marche bien pour toi, si bien que l’une de tes créations est devenue un meme et est apparue dans les infos. Peux-tu nous raconter l’histoire du “Jiu Jersey” ?

(Rires). L’histoire de ce patch est vraiment drôle. Je suppose qu’on se souvient tous de ce moment épique lorsque l’agent de CNP a neutralisé le djihadiste à la frontière avec un moyen improvisé non létal. Je crois qu’à ce moment-là, nous avons été nombreux à penser “ça, ce sont nos forces de police !”. Je ne pouvais pas m’empêcher de rire à chaque fois que je voyais la vidéo, et pour faire rire mes potes, j’ai créé le patch “Jiu Jersey” et je l’ai partagé sur mon compte personnel. C’est arrivé jusqu’au compte officiel de la Police sur Twitter. C’est un privilège pour moi que ce patch devienne un peu le symbole de ce moment marquant. Et on ne pouvait pas ne pas envoyer un patch à l’agent en question !

Des vikings, des patriotes, des policiers, des templiers… Il y en a pratiquement pour tous les goûts. Si vous n’avez pas encore trouvé le vôtre, pas de panique,  Fieldpatch n’est jamais à court d’idées, de fil ou de velcro. Entrez sur leur site et choisissez le vôtre :

www.fieldpatch.com